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Wednesday, November 23, 2005

Chapitre VII DU XI° AU XV° SIECLE

-La situation des juifs au début du deuxième millénaire.
La situation des juifs en France a connu des sorts divers au cours des dix premiers siècles de l'ère chrétienne et leur situation à la fin de cette période reste incertaine. Mais ce que l'on peut retenir, c'est que, malgré toutes les décisions qui sont prises contre eux, ils sont restés de condition libre et il n'y a jamais eu de ghetto ni de persécution. C'est ce qui permet au rabbin Josy Eisenberg d'écrire dans son livre "Le Judaïsme", "Contrairement aux idées reçues, le moyen-âge fut longtemps une période de grande tolérance". Et cela sera vrai jusqu'au XII° siècle.
Les juifs en l'an mil sont mêlés à la population avec qui, sauf exception, ils entretiennent de bons rapports et nous avons vu que certains jouissent dans cette société de situations favorables.
Il faut souligner ici la situation paradoxale des juifs dans la société du moyen-âge. Non seulement ils étaient les seuls non chrétiens tolérés dans le monde chrétien, mais ils vivaient dans une totale indépendance, en dehors du régime féodal auquel les autres populations étaient soumises. La structure de ce régime féodale comprenait les nobles, souvent illettrés, qui guerroyaient, les prêtres et prélats, plus cultivés, qui priaient, et les serfs, totalement incultes, qui travaillaient, mais il n'y avait pas de place, ni pour les bourgeois, ni pour les marchands. Le champ était donc libre pour les juifs exclus du système féodal. L'Eglise, en agissant ainsi, ne s'était pas rendu compte qu'elle avait emprisonné ses propres fidèles et laissé aux juifs beaucoup plus de liberté.
Dans son livre "Les juifs, Dieu et l'histoire" Max I. Dimont décrit la situation des juifs en Italie entre l'an mille et la Renaissance. Voici en raccourci ce qu'il écrit. Dans cette société qui n'avait ni bourgeois, ni marchand, ni intellectuel, les juifs, à l'exception du travail de la terre qui leur était généralement interdit, exercent toutes les professions, commerces et métiers de l'époque. On trouve parmi eux des médecins, des chirurgiens, des savants, des astronomes, des mathématiciens, des apothicaires, des dessinateurs d'instruments de physique, des banquiers, mais aussi des dompteurs de fauves, des maquignons, des soldats, des marins, des savetiers, des tailleurs, des forgerons, ainsi que des dramaturges, des musiciens, des peintres, des sculpteurs, des acteurs. Et certains parvenaient aux plus hautes fonctions, ambassades, conseillers des princes....
Les femmes occupaient aussi des situations importantes. On a vu des femmes médecins, des femmes banquiers. D'autres ont fait carrière sur scène comme chanteuses, danseuses ou comédiennes. Et des juifs qui détenaient d'énormes fortunes devinrent tout naturellement, comme leurs contemporains de la noblesse, des mécènes. Ils faisaient appel aux plus grands architectes pour construire leurs demeures et leurs synagogues.
Et parce que beaucoup de ces activités étaient indispensables au fonctionnement de la société, les juifs avaient souvent pu se faire octroyer des privilèges par le pape, l'empereur ou le prince.
L'auteur précise que cette situation n'est pas la même dans tous les pays, mais ajoute que, s'il y a des variations, l'esprit qui les animait et leur mode de vie étaient les mêmes. Personnellement, d'après ce que j'ai lu ailleurs, ce tableau, qui semble conforme à ce qui s'est passé en Italie, me parait optimiste si on pense à la France. Mais je n'ai trouvé aucune description assez précise de la vie dans notre pays. Or celle ci ne pouvait qu'être très influencée par ce qui se passait dans les pays proches quand on sait l'intensité des échanges qui existaient dans tous les domaines. On peut raisonnablement penser que les grands marchands juifs, les conseillers à la cour de Charlemagne, etc. devaient avoir aussi, en France, de grosses fortunes et mener un train de vie en conséquence. A mon grand regret je ne peux en dire plus sur la vie des communautés juives chez nous. Si j'ai retenu la description de cet auteur, c'est que je la crois, d'après mes recoupements, plus proche de la réalité que l'idée que l'on a généralement de la condition misérable des juifs du moyen âge en occident.
Au plan intellectuel les juifs avaient alors les plus grandes connaissances non seulement des textes religieux, mais aussi en philosophie, en médecine et en mathématiques. Et nous savons l'attrait que, de ce fait, ils exerçaient sur les chrétiens. Ce rayonnement continue à se développer au début du second millénaire. Les yechibas (ou écoles juives) comme les synagogues continuent à se multiplier, mais aussi des centres plus importants comme l'école de médecine de Montpellier, où l'on enseigne en hébreu, ou comme l'académie de Troyes qui attire en grand nombre les savants juifs du monde entier, au point qu'il faut les loger dans les familles chrétiennes, ce qui se passe dans les conditions les plus cordiales contrairement à ce que l'on pourrait imaginer.
On assiste donc à une renaissance et un véritable épanouissement de cette société juive, qui vit librement en marge du régime féodal.
Pourtant ce XI° siècle va marquer pour les juifs le début d'une période néfaste.
-L'évolution de la situation.
Le système féodal qui empêchait toute évolution et les régles de l'église qui donnaient toute priorité au salut de l'âme sur les considérations matérielles avaient pour conséquence une grande misère de la population chrétienne et particulièrement des serfs qui représentaient les neuf dixièmes de cette population. Comparé à la prospérité des juifs cette situation ne pouvait que constituer le ferment d'une réaction des plus défavorisés. Et les plus évolués d'entre eux constatant cet état de fait ont appris le savoir faire des juifs, et quand ils ont pu régler eux mêmes leurs affaires ils ont souvent tout fait pour les éliminer. Et dans les violences dont je parlerai plus loin il faut voir, entre autres, un motif social.
Simultanément les juifs sont en train de perdre leurs positions privilégiée dans le domaine du commerce international. On voit en effet apparaître les marchands vénitiens qui seront bientôt suivis par les gênois, et les dispositions portuaires que l'on met en place pour les croisades participent à cette remise en cause.
Mais la position de l'Eglise évolue aussi dans un sens défavorable. Après la dégradation de l'Empire Carolingien, nous sommes à une époque marquée par la suprématie de l'Eglise, la soumission des princes et l'asservissement du peuple. Cette suprématie est maintenant menacée. Jusqu'à présent l'église a souvent été confrontée à des sectes hérétiques, mais leurs effectifs peu nombreux empêchaient que cela devienne un danger. Maintenant les sectes se multiplient, deviennent plus importantes et c'est la montée des sectes vaudoises, des Cathares et à échéance des protestants.
Dans l'immédiat l'Eglise est durement secouée par le schisme byzantin, qui marque en 1O54 la rupture définitive avec l'Eglise grecque. Dans ce contexte la position se durcit avec comme ligne de conduite la lutte contre les hérétiques. Et pour cela on ira jusqu'à la lutte armée avec comme premier objectif la guerre contre les infidèles qui occupent les lieux saints, ce qui va conduire aux croisades.
Les juifs ne vont pas échapper à ce durcissement.
-Le renforcement des mesures contre les juifs
Entre 1195 et 1279 sur quarante conciles qui ont été réunis, dix sept d'entre eux ont pris des mesures concernant les juifs. On peut retenir la création d'une dîme, l'interdiction de recourir à des médecins juifs, l'interdiction de posséder des esclaves, l'interdiction de prendre des repas en commun avec les juifs, certaines de ces mesures ne faisant que répéter des décisions anciennes. Mais il y a plus grave, car on crée l'obligation pour les juifs de porter la rouelle (ancêtre de l'étoile jaune) ou un chapeau jaune de forme particulière, et on condamne le Talmud (mais non la Thora) avec ordre de le brûler.
Certains princes ou monarques font tout ce qui est possible pour empêcher l'exécution de ces décisions, d'autres sont du même avis mais sont contraints par la population de les mettre en application. D'autres par contre vont plus loin que les conciles et l'on trouve parmi les plus acharnés Saint-Louis et Philippe-le-Bel. De tout cela il est difficile de faire un historique car les décisions d'application sont différentes suivant les lieux et les époques, et peuvent même être contradictoires en un même lieu à quelques années d'écart, ou à une même époque dans des lieux différents. Ainsi en 1182 Philippe-Auguste chasse les juifs de Paris et ceux-ci sont bien accueillis par les féodaux voisins, puis le même Philippe-Auguste décide en 1198 de les rappeler, tandis que les féodaux qui les ont reçus ne veulent pas les laisser partir. Des cas semblables sont d'autant plus nombreux que les mesures contre les juifs se multiplient
C'est à cette époque que l'on voit apparaître une nouvelle forme d'excitation contre les juifs. Ce sont les rumeurs de crimes rituels. On les accuse de faire le sacrifice d'enfants chrétiens pour les cérémonies de Pâques, et de profaner l'hostie. Il ne semble pas que l'Eglise soit toujours responsable de ces accusations. On sait que dans certains cas ce sont des juifs convertis qui sont à l'origine d'autodafés du Talmud et certains pensent que ce sont les mêmes qui ont fait courir ces bruits.
Au cours des temps l'attitude de la population envers les juifs a évolué dans un sens défavorable. Il y a les réactions contre leur situation matérielle que j'ai déjà mentionnées, mais toutes les dispositions prises par l'Eglise au cours des siècles ont fini par modifier les mentalités. Aussi chaque fois qu'un événement défavorable se présente on rend les juifs responsables. Il faut bien comprendre que dans ce monde dominé par la foi religieuse chrétienne, les juifs sont les seuls non chrétiens, et que cette situation en fait des boucs émissaires tout désignés. Les réactions vont être particulièrement graves lors des croisades et de la peste noire.
-Les croisades et la peste noire.
Pour les croisades, à une époque où la conscription n'existe pas, on a recruté des hommes en donnant la liberté aux serfs et le pardon aux criminels qui s'enrôlaient. Il en résulte une armée dans laquelle les pieux chevaliers convaincus de leur mission sont débordés par une populace que personne ne peut contrôler. Alors si l'objectif est d'aller combattre les musulmans en terre sainte, on commence par massacrer au passage ceux qui ne sont pas ralliés à la Sainte Eglise en cherchant surtout toutes les occasions de pillage. Les premières victimes sont les juifs qui se trouvent sur leurs passage à commencer par la France. Dès la première croisade ce sont les massacres de Rouen et de Metz en 1O96, mais les mêmes croisés épargnent les juifs de Champagne qui ont levé sur leurs membres un lourd tribu pour acheter aux croisés leur immunité. Croisade après croisade ces faits se répètent et les victimes se comptent chaque fois par milliers.
En ce qui concerne la peste noire, dite aussi la Mort Noire, c'est la grande peur. On voit mourir au cours des deux années 1348 et 1349 un tiers de la population de toute l'Europe sans que personne puisse l'arrêter. Alors influencée par sa foi étroite et aussi par sa superstition la population se tourne à la fois contre les juifs et contre les sorcières. C'est ainsi que, dans certains cas, on accuse les juifs de polluer les puits. La peur et la colère se traduisent trop souvent par des massacres, ainsi à Strasbourg où l'on tue le même jour deux mille juifs.
-L'exil.
Dans ce contexte les mesures prises contre les juifs se multiplient, particulièrement les mesures d'expulsion, et maintenant elles sont mises en application. Pendant un certains temps les juifs chassés d'une province peuvent se réfugier dans une autre, mais chaque fois le filet se resserre. C'est ainsi qu'en 129O la France accueille les juifs chassés d'Angleterre, puis en I3O6 et 1322 tous les juifs sont chassés de France. Comme ces décisions sont mal exécutées l'ordre est renouvelé en 1394 et cette fois on les conduit jusqu'aux frontières. Alors ils se réfugient dans divers états environnants dont la Provence. Mais en 1481 la Provence est conquise par le Roi de France qui en chasse aussitôt les juifs. Après l'Angleterre et la France, c'est l'Espagne au XV° siècle qui prend les mêmes dispositions, et successivement tous les états d'occident, grands ou petits, en font autant. Une exception, mais d'importance dans le principe, les Etats du Pape avec, entre autres, Avignon et Carpentras, où l'Eglise impose des régles contraignantes, mais non l'exil.
Ainsi finit, du moins officiellement, la présence juive dans les états d'Europe Occidentale.
-Le sort des juifs du Royaume de France dans le contexte historique.
Je crois qu'il faut bien souligner ici que cette étude étant volontairement orientée sur l'histoire des juifs dans notre pays je mentionne les nombreux sévices auxquels ils ont été soumis. Mais il faut être prudent pour apprécier leur sort dans cette époque de violence dont ils n'étaient pas les seuls à souffrir.
Les autorités religieuses chrétiennes, les rois, les princes prennent des mesures diverses, contraignantes et déshonorantes contre les juifs, mesures qui vont jusqu'à les expulser, mais, sauf initiatives exceptionnelles de petits seigneurs, n'ordonnent jamais de violence physique et encore moins de les exterminer. Or cette attitude est unique, car, avec les autres communautés qui ne partagent pas la croyance des chrétiens, la régle est de les supprimer. Quand on lance les croisades c'est avec la volonté d'exterminer les infidèles. Quand on attaque les cathares avec une armée c'est avec la volonté de les supprimer et un million d'entre eux seront tués en trente ans.
Si les croisés s'en sont pris aux juifs pour les massacrer, piller et violer, il faut bien savoir qu'ils ont fait de même sur leur chemin avec d'autres populations, et particulièrement avec les riches orthodoxes de l'Empire Byzantin. Et l'on estime qu'au court de ces exactions il mourut plus de croisés en route qu'il n'en arriva en terre sainte pour combattre le musulman infidèle
Pendant le même temps, si l'on prend contre les juifs les mesures que j'ai énumérées, on n'en continue pas moins, jusqu'à leur expulsion, les "disputationes" ou controverses qui consistent en des discussions très officielles sur des sujets religieux relatifs aussi bien au judaïsme qu'au dogme chrétien.
De même que pendant les croisades, les massacres pendant la peste noire sont le fait de la populace. L'Eglise n'y est pas étrangère car c'est le résultat des accusations qu'elle n'a cessé de lancer contre les juifs, mais il certain qu'elle n'a pas voulu en arriver là. Et par une bulle de septembre 1348 le pape Clément VI innocente les juifs de toute responsabilité dans cette épidémie de peste. On peut remarquer qu'en même temps et pour le même motif les sorcières sont, elles, très officiellement condamnées par un tribunal à être brûlées, et l'on cite pour une seule ville le chiffre de cinq cents exécutions en un an..
Quand le pape instaure l'Inquisition, c'est pour lutter contre les hérétiques qui sont condamnés à être brûlés s'ils sont reconnus comme tels. Les juifs qui, ayant été baptisés, sont revenus au judaïsme sont considérés comme hérétiques et probablement punis encore plus durement que les autres. Mais les juifs qui sont restés fidèles à leur religion ne sont pas considérés comme hérétiques et l'Inquisition ne les recherche pas.
Et puis je rappelle que les juifs ne sont pas expulsés des Etats du Pape. Là, par contre, ils sont soumis à une vie comparable à celle du ghetto. L'Eglise reste fidèle à sa ligne de conduite du juif qui doit continuer à vivre misérable dans le monde chrétien.
Dans son attitude envers les juifs l'Eglise ne sort pas de son ambiguïté. Elle fait brûler le Talmud, mais respecte la Thora.
-La situation des juifs en Alsace et en Lorraine du XI° au XV° siècle.
A cette période du moyen âge ni l'Alsace ni la Lorraine ne font partie du Royaume de France.
L'Alsace est une mosaïque politique et religieuse dont il est bien difficile de situer les frontières. Ce sont des seigneuries ou des principautés séculières, ecclésiastiques ou urbaines dont un grand nombre appartient à des allemands ou des autrichiens, les plus importants d'entre eux étant la maison des Habsbourg et la maison de Hesse.
La Lorraine est sous l'autorité d'un duc depuis le IX° siècle. Au cours des XIV° et XV° siècles elle a été déchirée entre les influences de la France, de la Bourgogne et de l'Allemagne. C'est l'époque où l'on voit se constituer des Evêchés qui prennent de plus en plus d'autonomie.
Dans ce contexte il est difficile de bien cerner une histoire des juifs, car là comme en France la situation varie d'un endroit à l'autre. La différence réside peut être dans l'influence allemande qui, par rapport aux pays latins, semble avoir un effet retardateur dans les mesures contre les juifs. Mais cela n'empêche pas de ressentir, là aussi, l'effet néfaste des croisades et de la peste noire. On a des exemples de tueries par les croisés à Metz, à Mayence, et, à l'époque de la peste noire, à Strasbourg, Colmar, Mulhouse, Münster, Selestat.
Là comme ailleurs on les chasse, puis on les rappelle et on les chasse à nouveau. Ainsi à Strasbourg on a massacré 2OOO juifs lors de la peste noire en 1349, puis on les a rappelés en 1369 parce qu'ils manquaient à l'économie régionale, et on les chasse à nouveau en 1388.
Lors de l'expulsion du Royaume de France en 1322, et ensuite l'expulsion définitive en 1394, beaucoup se réfugient tant en Alsace qu'en Lorraine. Et dans cette situation les communautés prospèrent malgré tout. A Strasbourg, malgré les difficultés que j'ai rapportées, on a dû doubler la synagogue en raison des arrivées successives.
Avec le durcissement des mesures contre les juifs, il y en a de moins en moins qui vivent en ville en raison des risques et particulièrement des changements brusques d'attitude à leur égard. Le plus grand nombre, généralement très pauvre, vit à la campagne, de culture, d'élevage ou de commerce de bétail, mais aussi de friperie. Il étaient présents dans les foires, quand on leur en donnait le droit.
Mais les mesures d'expulsion se multiplient, et, à quelques exceptions près, la situation devient la même que dans les pays occidentaux.
-Les juifs dans les pays de l'est
Bien que cela sorte de mon sujet je veux ouvrir une parenthèse sur la situation des juifs à l'est de l'Europe à cette époque..
En Allemagne, en Pologne, en Autriche et en Lithuanie les ducs et les rois les invitaient à se fixer chez eux pour les mêmes raisons qu'au cours du premier millénaire on favorisait leur présence en Occident.
On sait, par exemple, que Casimir le Grand, le Charlemagne de la Pologne, ouvrit en grand les portes de la Pologne aux juifs en leur accordant le droit de louer des terres et des fermes dans l'espoir que leur présence aiderait au développement de l'économie.
En ce qui concerne la Russie, vers l'an 15OO un grand nombre de juifs étaient installés dans les duchés et les villes le long de leur frontière occidentale. C'est à cette époque que deux moines lithuaniens se convertirent au judaïsme, et à partir de là il y eu une vague considérable de conversions, jusqu'à la cour du tsar où même la belle fille du Grand Duc décida de se convertir. Mais l'église orthodoxe réagit vivement et il y eu des massacres de convertis et de juifs. La cour intervint dans le même sens car les tsars ne souhaitaient pas voir évoluer les moujiks qui croupissaient dans l'ignorance et le servage. Mais si la Russie chassa les juifs de son territoire, elle n'en devint pas moins le pays où il y en eu le plus, ceci en raison des conquêtes de la Pologne, de la Lithuanie, etc. Les tsars continuèrent à leur interdire l'accès du territoire russe, mais leur laissèrent leurs droits dans les pays conquis. Plus tard les cosaques et biens d'autres maltraitèrent et massacrèrent les juifs....
Parlant des pays de l'est, je mentionne, pour la curiosité, que pendant deux cent cinquante ans, du VIIIème au Xème siècles, il a existé un puissant empire Khazar sur la mer Caspienne entre le Don et la Volga. Ces khazars, qui étaient des tatars, parlaient grec et s'étaient convertis au judaïsme, sans rien changer à leur mode de vie tatare. Ensuite ils ont été envahis par les russes qui leur on imposé la religion chrétienne. (Max I. Dimont)
Mais j'arrête cette digression. qui m'éloigne de mon récit. Si je me suis intéressé à ces pays, c'est que j'ai pensé un moment que les juifs d'occident avaient pris cette direction. Finalement je n'en sais rien. Je n'ai trouvé d'information que pour les juifs d'Alsace et de Lorraine, qui m'intéressent particulièrement. Il semble bien qu'ils se soient fixés en Allemagne et plus spécialement en Rhénanie, où beaucoup de juifs vivaient sous la protection des places fortes de Cologne, Mayence, Coblence et Francfort.(Cahiers Lorrains p.3)

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