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Wednesday, November 23, 2005

Chapitre XXVII LA GUERRE DE 1914-1918


D'après certains papiers, il est évident qu'il a eu l'intention de raconter cette période de sa vie. Il a écrit quelques brouillons en abrégé, et cela ne concerne que le début de la guerre. Alors j'ai reconstitué le reste à partir de ses papiers militaires, de notes et instructions de l'armée ou de ses supérieurs, du courrier qu'il a conservé et classé, et aussi de sa collection de photos de cette époque.
-La situation militaire de mon père.
Papa était déjà chirurgien dentiste diplômé quand il a été convoqué au conseil de révision de 1898. Là il a été ajourné. Même résultat lorsqu'il est convoqué en 1899. Il est alors classé dans le service auxiliaire, c'est à dire qu'il ne fait pas de service militaire, mais peut être mobilisé dans les services auxiliaires.
Dans cette situation il est soldat de deuxième classe quand arrive la guerre. Alors, malgré un livret militaire justifiant de sa qualité de chirurgien dentiste, il est incorporé comme infirmier. Il faut une décision de la hiérarchie pour que dix sept mois après son incorporation, le 28 mars 1916, il soit autorisé à porter le caducée. Et ce n'est que le 4 juillet 1917 qu'il est nommé au grade de dentiste militaire, correspondant au grade d'adjudant. De mon temps, un médecin ou un dentiste était au moins aspirant, considéré comme officier, et cela après un très court délai d'instruction militaire.
Avant sa nomination il semble qu'il ai le plus souvent rempli des fonctions d'infirmier, mais j'ai aussi trouvé un écrit lui ordonnant dès novembre 1914 de "donner des soins de bouche". Quoi qu'il en soit, ses compétences devaient en faire un auxiliaire précieux, car j'ai noté à plusieurs reprises des interventions de médecins chefs pour réclamer son affectation auprès d'eux. Après sa nomination il ne se consacre pas uniquement à la dentisterie. J'ai constaté en effet que, avant comme après cette promotion, il intervient comme chef de groupe de brancardiers et dans les soins aux blessés pendant les périodes d'attaques meurtrières. Je crois que dans de tels moments, le souci au service de santé devait être d'intervenir au plus pressé, sans trop tenir compte des spécialités.
J'ai vu aussi, et cela est certain, que dès le début de la guerre, et chaque fois que cela lui est possible il s'est organisé pour soigner des civils hors des enceintes militaires.
-Les étapes de la guerre de mon père.
Quand arrive la guerre, papa a trente sept ans. Mobilisé du 6 août 1914 au 31 mai 1919, soit très près de cinq années, il en sortira âgé de quarante deux ans.
En simplifiant, ses étapes successives sont les suivantes:
-8/1914-1/1915 - Hôpital temporaire d'Houlgate (Calvados),
-2/1915-1/1916 - Hôpital d'armée Forges les Eaux (Seine Maritime),
-2/1916 - Affecté 3ème Armée,
-2/1916-11/1916 - Hôpital C Chaumont,
-11/1916-5/1917 - GBD 126 (Groupe brancardiers divisionnaire),
-5/1917-11/1917 - 112ème RI-CHR (Régiment Infanterie-Compagnie Hors rang),
-11/1917-5/1919 - Hôpital Lunéville et Ludwigshafen am Rhein.
De cette énumération, je crois que l'on peut retenir deux périodes, la première pour Houlgate et Forges les Eaux qui sont des hôpitaux de l'arrière, et une seconde pour la suite qui se déroule dans la zone des combats.
-Première période, août 1914-janvier 1916.
Le 1er août 1914, papa est à Vichy pour affaires avec ses associés, voiture et son chauffeur Marchand. A partir de là il fait tout un circuit. On le retrouve à Moulins, à Blois , Orléans , Paris,.....avant de se retrouver à Houlgate. Cela se fait dans des conditions difficiles au milieu de l'agitation déclenchée par la mobilisation et la déclaration de guerre. On trouve difficilement de l'essence, il y a des barrages à tous les croisements de routes et il faut des laissez passez difficiles à obtenir. Il y a aussi les pannes de voitures , les pneus crevés, difficultés courantes à l'époque. Et puis, Marchand étant mobilisable, il doit changer de chauffeur, et c'est un chauffeur réformé qui le suit jusqu'à Houlgate. Dans son périple, et dans l'ambiance d'excitation déclanchée par la guerre, il voit des magasins saccagés parce qu'ils appartenaient à des "boches".
A Houlgate, l'hôpital est réquisitionné depuis trois jours. Il faut installer deux cents lits, l'hôtel n'en possède que cent. C'est la chasse pour réquisitionner lits, draps couvertures. Papa ne semble pas prendre cette guerre au sérieux, ou tout au moins il doit croire que cela ne va pas durer. En effet, bien que 2ème classe, il loue une villa, la Villa Eugénie rue Lecesne, il conserve voiture et chauffeur, et semble même avoir une bonne. Il doit rendre service à un certain nombre de gens, dont son médecin chef, car j'ai trouvé un certain nombre de laissez-passer pour la voiture, qui ne sont pas toujours à son nom. Quelles sont ses occupations? Plusieurs lettres lui sont adressées avec la qualification de secrétaire du médecin chef, mais il y a d'autres lettres, de blessés graves cette fois, pour le remercier de sa gentillesse et de son dévouement dans les soins qu'il a prodigués.
Cette période est interrompue pendant une quinzaine de jours pour un séjour de deux semaines à Vernon où il fait de l'instruction militaire. En avant marche...etc. Il ne paraît pas du tout apprécier.
Lorsque le premier train de blessés arrive de Charleroi, c'est l'affolement. Toutes les autos du pays sont à la gare, il y a des infirmiers et infirmières, mais pas de médecin. Tétanos, désordre. C'est le premier contact avec la guerre.
Ensuite, il est muté à Forges les Eaux, malgré toutes les interventions du médecin chef d'Houlgate pour le conserver avec lui. Je n'ai pas d'information sur la vie à l'hôpital, mais je suppose que c'est comparable à sa précédente affectation..
C'est là qu'il fait la connaissance de ma mère. Je raconterai cela plus loin.
-Deuxième période, février 1916-mai 1919.
A partir de ce moment il est au coeur des combats. Les endroits où il se trouve à cette époque portent des noms cruels pour ceux qui les on vécus: Verdun, Douaumont, La Côte du Poivre, et j'en passe.
Papa n'a rien écrit à ce sujet. Pour évoquer la vie terrible de ceux qui, comme mon père, ont eu la charge, tantôt de conduire les brancardiers dans les tranchées pour ramasser les blessés, tantôt de participer aux soins aux blessés, et quels blessés, je n'ai pas trouvé autre chose que de rappeler que le prix de chaque bataille se comptait en centaines de milliers de morts, et que pour chaque mort il y avait plus de deux blessés, que les troupes engagées perdaient entre la moitié et les deux tiers de leurs effectifs. Et il faut ajouter que ceux qui faisaient ce travail en ligne courraient presque autant de risques que ceux directement engagés dans le combat, car c'était souvent en circulant en dehors de tranchées que le risque était maximum. Je ne me complait pas dans ces considérations, mais comment faire autrement pour raconter la vie de mon père à cette époque?
C'est dans ces conditions que le 3 septembre 1917 il a été décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze, en raison de sa conduite lors de l'attaque du 20 août à Verdun, suivant la citation que j'ai trouvée dans ses papiers.
Il n'a rien écrit sur cette période. Mais je peux dire que dans ma jeunesse, avec les amis qui avaient vécu la guerre comme lui, les souvenirs "du front" revenaient souvent. Ils étaient tous très marqués. Et le sujet revenait même dans les conversations en famille. Pour beaucoup de gens de ma génération, cela a fait partie du cadre de notre eznfance et de notre adolescence.
A défaut d'écrit, j'ai un certains nombre de photos de cette période de guerre que mon père a prises et développées lui-même. Elles sont généralement en mauvais état, les conditions de développement y étant probablement pour quelque chose. J'ai cependant pu en trier quelques unes dont vous trouverez la reproduction en annexe.
-La guerre vue au travers du courrier.
J'ai trouvé un certain nombre de lettres reçues par mon père pendant la guerre. C'est là un témoignage vivant qui permet d'avoir l'ambiance du moment et l'évolution au fil du temps.
Je remarque qu'en 1914 et début 1915, le ton est généralement optimiste. Tout le monde pense que la guerre ne va pas durer. Et progressivement le ton change.
Il y a les lettres d'affaires. elles viennent pour une part de ceux qui sont civils parce que trop âgés ou réformés, et le reste de ceux qui mobilisés pense à préparer leur retour à la vie civile. Ces lettres sont assez nombreuses au début de la guerre. On pense à la paix et à le reprise des affaires. Et quand les mois passent ce thème est de moins en moins évoqué.
Il y a des lettres de gens non mobilisés qui ont perdu leur situation du fait de la guerre, et se trouvent en grande difficulté. Il n'y a pas d'indemnité de chômage à cette époque.
Il y a les lettres relatives à la guerre. Celles des amis mobilisés qui disent où ils sont, racontent la vie qu'ils mènent, certains dans les tranchées. Ceux qui remercient des soins, particulièrement les blessés graves, jambes coupées ou autre, qui écrivent d'un autre hôpital pour donner de leur nouvelles. Les médecins avec qui mon père a travaillé un moment en nouant des liens d'amitié, et qui, mutés, donnent des nouvelles et en demandent.
Il y a aussi des lettres où l'on parle d'abord de guerre puis d'affaires parce qu'heureusement l'espoir fait vivre. Je donne cet extrait d'une lettre écrite par un ami chauffeur dans une unité d'aviation, au début 1915, à un moment où tous croyaient que la guerre serait bientôt terminée.:
"....Vous voyez où les hasards de la campagne m'ont conduit. Nous devions séjourner à Mourmelon, mais un quart d'heure après notre arrivée, comme nous nous promenions dans la rue devant nos camions, une marmite allemande est tombée à 2O mètres de moi. Résultat quatre morts et neufs blessés. Je conserve l'éclat qui après une envolée monstre est tombé à mes pieds. Je ne peux vous décrire la sensation d'horreur que j'ai éprouvée en voyant à terre les camarades avec lesquels je causais l'instant d'avant et dont les plaintes vous déchiraient le coeur. Ceux qui ne disaient rien avaient, l'un les deux jambes emportées, l'autre la cuisse broyée, un troisième le ventre ouvert avec les entrailles pendantes et l'autre la poitrine où l'on voyait le poumon. Et toute la rue rouge de sang. Ah! les salauds. Nous sommes donc ici depuis dimanche, et le bruit court que nous partons lundi pour Verdun. Nous avons installé bombes et fléchettes, fait les réserves d'essence et attendons. Et dire que quand je suis parti, on m'avait assuré que je ne passerai jamais à moins de 3O kilomètres des lignes. J'ai trouvé ici un architecte, D., 14 rue de Provence, qui a fait avec T. 5 maisons rue d'Hautpoul et qui en a encore 11 à bâtir. Je lui ai tout pris au nom du syndicat car de petits loyers rapportent bien, et avec les 5 faites ont peut bâtir les autres. Tout de même, ça n'est plus une existence. Nous passons notre temps à coltiner caisses d'essence et bombes.......Notre capitaine nous dit sans rire que nous aurons bien de la chance si nous . fêtons Noël chez nous. J'en arrive à croire que ce n'est plus de la fumisterie."
Et puis dans les différentes lettres il est souvent question d'un ami ou d'un parent disparu.
-Portraits et anecdotes écrits par mon père.
Mon père a esquissé, dans un brouillon difficilement lisible, des portraits, assez caustiques, et des anecdotes au sujet des infirmières et des médecins, que je rapporte ici, car c'est aussi une image du vécu de cette époque.
"Les infirmières.
"J'ai appartenu à quatre hôpitaux dont trois avaient des infirmières. Le médecin chef de celui qui n'en comportait pas les avait en horreur. Protestant de religion, il disait que, si on lui en imposait, il préférerait avoir des bonnes soeurs. Peut être pressentait il l'avenir? Plus tard muté dans un hôpital où il n'était pas médecin chef et où les infirmières étaient installées, il s'est marié avec l'une d'elles, il avait passé la cinquantaine.
"Il n'est guère possible de cataloguer les infirmières.
"Au début de la guerre, on eut par malheur toutes les femmes. Bien peu auraient refusé, la blouse blanche et le voile sont très seyants. Bon nombre les ont endossés par coquetterie, beaucoup y ont renoncé en quelques jours. Il est indéniable que les infirmières qui ont résisté au premier contact, assez ingrat, du poilu, ont fait preuve de dévouement, dans bien des cas de zèle intempestif, plus souvent encore du plus parfait abandon de soi-même. Les poilus leur doivent la plus sincère reconnaissance. Aussi dans ces critiques ne faut il voir, sinon l'exception, mais la vue sous un autre angle que le malade. Il n'y a pas de grand homme pour son valet de chambre. Vivant dans l'intimité des infirmières, obligé par devoir et dans le règlement à un dévouement égal au leur, seuls les défauts restent visibles
"Au début de la guerre il y avait autant d'infirmières que de lits. Houlgate ne comptait aucun magasin de nouveauté un peu achalandé, cependant trois jours après la pose de l'écriteau "Hôpital temporaire", une ruée de femmes, à peu près toutes du meilleur monde, arrivait à l'hôpital en tenue d'infirmière des plus impeccables. Aucune n'avait la moindre notion de ce qui allait leur être demandé.
"Jusqu'à l'arrivée du premier train de blessés le médecin chef acceptait tous les concours. Ces dames organisaient les lits, les faisaient, à la grande joie des infirmiers. Ces travaux alternaient avec quelques conférences faites par un médecin major de complément, dans le civil directeur d'un journal médical et très lancé dans les associations professionnelles, d'où probablement le don d'orateur dont il était fier. Pour ces conférences en tenue impeccables d'infirmière, ces dames devaient être au moins cent cinquante (le tout Houlgate), et des bijoux comme pour une première à l'Opéra.
"Quand l'équipe officielle de SSBM, comptant une infirmière major et cinq autres infirmières envoyées de Paris, débarqua, on juge de leur ahurissement. Présentations, salutations, froideur glaciale des "officielles". On veut mettre l'équipe d'Houlgate sous la direction de l'infirmière major. Refus énergique de celle-ci. Répartition dans les quatre formations que compte l'hôpital: le Grand Hôtel, qui est le centre, le Casino, l'Hôtel du Casino et l'Hôtel Beauséjour. Tout se tasse dans la vie, les SSBM deviennent coopératives, et attribuent à chaque lit une infirmière.
"Grand branle bas à l'arrivée du premier train de blessés."
Le récit de mon père s'arrête là. Je regrette de ne pas avoir la suite.
Ailleurs il écrit:
"Les médecins.
"Il y a trois catégories de médecins. Le médecin militaire de carrière, le médecin civil qui a fait son service et ses périodes et qui a des galons, enfin le médecin civil sans grade à la mobilisation.
"Pour le premier, le malade ne compte pas. sa science, n'en parlons pas. Sa grande préoccupation, ce sont les Etats, même "néant". Il connaît l'Administration aussi bien qu'un fonctionnaire, après avoir fait ses états de contagieux, situation hebdomadaire, etc, un seul souci, exeat des malades.
"La caractéristiques du second est l'admiration de son grade. Un médecin de complément à trois galons ne se croira jamais égal ou inférieur scientifiquement parlant à un aide major de 2ème classe, celui-ci fut-il agrégé de faculté. Son ambition, avoir un galon de plus. Son avancement le préoccupe autant qu'un médecin d'active, bien qu'il n'ait pas les mêmes raisons. Pour celui-ci, le malade l'intéresse. Il joue au professeur devant ses infirmiers, mais il reprend ses habitudes d'étudiant à l'hôpital. La popote est la salle de garde.
"Enfin le médecin sans galon est le plus sympathique (opinion peut-être personnelle l'ayant vécu). Celui-là a commencé comme infirmier de 2ème classe, la galon d'adjudant de médecin auxiliaire lui a été attribué collectivement par circulaire ministérielle. Il est donc sans ambition.
"Il est heureux qu'il soit sans ambition, car la carrière de médecin militaire durant la guerre est celle où certains avancements ont été les plus rapides, voir fantastiques. On peut citer tel professeur de faculté, mobilisé comme infirmier de 2ème classe au dépôt, qui mit sa rosette de la Légion d'Honneur sur sa tunique, à la grande stupéfaction du caporal qui lui commandait une corvée. Conduit immédiatement au secrétariat du commandant il était médecin auxiliaire huit jours après, et a fini la guerre médecin principal à cinq galons (colonel), et médecin chef d'auto-chir.
"...A l'hôpital d'Houlgate, le cahier de mobilisation comptait parmi les infirmiers de 2ème classe un médecin de la Compagnie Transatlantique. Naturellement sa qualité ne figurait pas au cahier. Huit jours après son absence était signalée au service de santé. Il était porté déserteur, quand, vers le dixième jour, on voit arriver un officier de marine avec le caducée et galonné jusqu'aux coudes. Il avait plus de galons que le médecin chef. Stupéfaction de ce médecin militaire de carrière, retraité à quatre galons, quand l'autre se présenta "untel, infirmier".
-Comment mon père a rencontré ma mère pendant la guerre.
Forges les Eaux a été l'un des endroits où il a eu la possibilité d'exercer comme dentiste auprès de la population civile. Ma soeur raconte.
"Comme les dentiste de Forges les Eaux étaient mobilisés ailleurs...il s'occupait des civils qui avaient mal aux dents. C'est ainsi qu'il est venu pour arracher une dent de lait douloureuse à Irène Bellou fille d'un médecin local mort accidentellement début juillet 1914. (Il n'avait pas voulu faire déranger sa jolie veuve...). Mais Irène, pas tranquille s'était si bien cachée dans une commode de toilette, qu'ils ont joué à cache-cache dans toute la maison et ont commencé à s'intéresser l'un à l'autre. Suzanne Bellou, née Lambert, a quitté Forges en 1916 pour vivre chez sa mère, 24 Place Bigot à Fécamp. Puis la maison de Clémence Lambert ayant été réquisitionnée par les Belges pour en faire leur Quartier Général, elles ont loué une maison au 139 rue Théagène Bouffard, juste en face de la maison principale des Legrand de la Bénédictine.
"Georges y venait voir Suzanne lors de ses permissions. Il était très fringant et élégant dans un joli costume bleu clair et son beau képi de dentiste militaire. L'oeil vif et une barbe bien taillée dont il prenait grand soin. Mais Clémence ne le laissait jamais seul avec Suzanne. Elle assistait, raide comme la justice dans son fauteuil, à toutes leurs rencontres dans le salon. On ne laisse pas une jolie veuve de 3O ans avec un homme. C'est tout à fait contraire aux bonnes moeurs. Georges fulminait et a toujours détesté Clémence à cause de ses permissions manquées"
Georges et Suzanne se sont mariés le 18 août 1918, l'armistice n'était pas signé, et Georges ne devait être démobilisé que le 31 mai 1919.






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C'est à la date du mariage de mes parents que se termine ce Tome I.

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